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L’être humain est sensible à la perception des réalités objectives et subjectives du monde avec lequel il est en relation.
L’émergence d’une émotion est alors déterminée par la conscience du ressenti et le moment de la survenue d’une situation.
La nature de l’émotion dépend donc du résultat de l’évaluation d’un événement considéré en termes de besoin fondamental (bien-être, intégrité, survie).
L’émotion réagit ainsi face aux objets auxquels elle attribue une réalité sans que cette réalité soit forcément présente (sentiment, pensée, représentation, souvenir), c’est à dire à tout ce qui est symbolisé et rappelé à la conscience (expériences, conditionnements).
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Ce n’est pas la réalité en soi qui excite la fonction émotionnelle mais son interprétation, c’est pourquoi nous pouvons être envahis de tristesse en regardant une œuvre cinématographique et ressentir la peur en imaginant un danger possible.
Chacun peut réguler ses émotions et recevoir sereinement leurs manifestations à condition de regarder (discerner) et d’observer (interpréter) différemment, sincèrement et objectivement les situations présumées réelles (discriminer les illusions) et les sentiments qui les produisent.
Mettre les perceptions et les idées (pensée représentative d’une chose réelle ou imaginaire) à l’épreuve de la réalité, c’est discerner une illusion mentale par le travail de la conscience et de l’intuition en la reliant, soit à la réalité (pour la satisfaction du besoin impliqué) : « je suis face à une personne armée et dangereuse, il est donc normal que je ressente la peur, je prends en considération l’émotion pour trouver le moyen de me mettre en sécurité et de me protéger », soit à l’illusion ou au rêve dans lequel elle prend racine (pour réduire son intensité) : « je suis pris dans le piège de la tarentule qui me tient dans le filet visqueux et empoisonné de sa toile géante, comme je suis au parc d’attraction des sorcières et des mages, je reste tranquillement collé à la toile pour voir la fin du spectacle ».
Observer l’émotion c’est alors reconnaître (identifier) le sentiment l’ayant créée en étant réceptif aux significations de tous les contenus affectifs (représentations, croyances, pensées, intentions, désirs) en cause.
Les capacités de discernement (faculté de désignation) et de raisonnement (déduction, réflexion) forment les outils conscients essentiels afin de percevoir les sentiments impliqués dans l’émergence émotionnelle : « ma colère s’est tarie lorsque j’ai perçu que, derrière cette émotion, se cache le sentiment honteux d’avoir peur des araignées ».
Agir sur l’émotion agit sur le sentiment et agir sur le sentiment agit sur l’émotion : « si je me mettais moins en colère j’agirais avec davantage de sérénité et je serais par conséquent moins colérique ».
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En tant qu’outil de projection instantanée (affirmation de soi) et d’expression (communication), la fonction émotionnelle participe au processus de création artistique qui repose sur son jaillissement ramené à soi et projeté dans la matière.
Vivre ses émotions, les regarder, les décrire, les exprimer et les partager par la peinture, l’écriture ou la musique forment des activités existentielles essentielles : « je prends conscience de l’idée fondamentale d’être vivant et d’avoir les facultés (par mes sens) de ressentir, de goûter, de toucher, de regarder, d’entendre, de pouvoir exprimer toutes mes sensations et utiliser cette aptitude pour m’adapter et évoluer dans le monde qui m’entoure ».
Il est fondamental de déculpabiliser la nature émotionnelle et la réalité instinctive de l’être vivant en dédramatisant ses expressions sensibles, sensitives et sensuelles : « je renouvelle et transforme mes sentiments afin de mieux vivre (réguler) mes émotions ».
















