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Les émotions initient la maturation psychique en développant la structure mentale (construction du monde représentatif aux stades de l’enfance) : « j’ai peur des araignées, alors quand je serai grand, je serai chasseur d’araignées ».
Les caractères émotionnels sont révélateurs de l’évolution de l’être dans son développement affectif, l’émotivité doit alors être considérée sous l’aspect transitionnel d’un changement dans les champs affectifs et symboliques reliés aux environnements.
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L’expression émotionnelle, quelle que soit sa qualité, ne doit pas être perçue comme une erreur de l’instinct ou d’un dysfonctionnement mais comme l'activité psychologique normale et indispensable favorisant l’adaptation de l'individu.
Bien que les émotions produisent des effets perturbateurs sur les comportements et les mécanismes de l'attention, de la mémoire, de l’action ou de la prise de décision, elles sont pathologiques uniquement dans le déséquilibre entre la charge émotionnelle (puissance de l’émotion) et sa concrétisation corporelle (manifestations), provoquant un contexte subjectif de souffrance : « je bois pour oublier ma peine », d’entrave à la communication : « j’ai peur de parler » ou à la réalisation des intentions : « la colère me fait tourner en rond ».
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L’émotion est ainsi la manifestation concrète du monde symbolique dans le champ corporel : intentions (désirs), motivations (raisons), valeurs (principes), figures sociales (statut et rôle) et représentations symboliques (croyances).
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Il est donc nécessaire de discerner l’influence des pensées sur les émotions, les sentiments et les comportements.
C'est ainsi que le conditionnement relève du processus psychique d'association d’une représentation symbolique (pensée) à une sensation corporelle (émotion) se manifestant par un comportement ou un sentiment dans une situation particulière : « dès que je te vois (situation), je me cache (comportement) car j’ai peur (émotion) de ce que tu pourrais me dire (représentation symbolique) ».
Par ce mécanisme, une charge émotionnelle peut s’inscrire et persister dans la mémoire de l’espace corporel.
Les origines représentatives d’une situation se diluent alors dans des subsistances émotionnelles en provoquant des comportements dont les intentions fondamentales résonnent obscurément : « peux-tu me rappeler pourquoi nous sommes fâchés ? ».
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Agir sur les représentations symboliques (images mentales formées de l’expérience ou de la croyance) : « je suis en colère car je ne supporte pas d’être pris pour un vaurien » modifie les sentiments et les émotions : « depuis que je me sens utile (besoin), je ne ressens plus de colère, je la considère comme totalement inutile ».
Se détacher des représentations habituelles afin de comprendre une émotion avec un regard libre, objectif, positif et sincère permet une justesse et une concordance affective avec soi et son environnement : « quels sont les véritables sentiments et les représentations mentales concrètes (images symboliques) à l’origine de mes émotions ? ».
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L’émotion porte également les illusions du réel (fantasmes, désirs, pulsions) : « je regrette (tristesse) qu’il n’ait été stable car nous serions toujours unis (croyance) et je serais heureuse (désir) ».
Par conséquent, les difficultés existentielles se retrouvent invariablement dans les élaborations conceptuelles (représentations signifiantes) déterminant l’expression émotionnelle : « je m’étais projetée avec lui (désir) jusqu’à la fin de ma vie (représentation d’idéal) mais, lorsqu’il m’a dit qu’il partait (réalité) avec une gamine (fantasme) ça m’a renvoyé une mauvaise image de moi-même et j’ai été prise de panique (peur), c’est par haine et désespoir (voracité émotionnelle) que j’ai tout plaqué ».
De ce fait, certains sentiments traduisent le bouleversement conceptuel et l’incongruité (discordance) de certaines représentations (désirs, croyances) face à un endroit et un moment précis de la réalité : « je pensais qu’il m’aimait sincèrement mais, depuis qu’il m’a laissée pour une autre, je le hais (voracité) et j’aimerais le voir aussi triste que moi ».
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L’être humain perçoit la réalité du monde extérieur au travers de sa subjectivité, son regard oriente son interprétation pour produire son monde intérieur (perceptions, affectivité, pensées, corps).
Les expressions émotionnelles proviennent alors de l’interaction de cet espace spécifique avec l’environnement des autres : « j’ai pleuré quand mon rêve d’amour s’est écroulé ».
Les émotions portent ainsi les représentations et les perceptions dans la conscience.
Leur articulation (adaptation) avec la réalité décrit l’évolution de l’être dans son développement affectif : « je me méfie (peur) des hommes (objet du désir) car ils partent trop vite (subjectivité), alors je préfère rester seule ».
L’émotion est donc un élément caractéristique qui illustre l’élaboration d’une représentation symbolique située dans les désirs : « je suis triste car j’aimerais profiter de la vie », les interdits : « je suis dégoûtée de mon désert affectif », l’empathie : « je suis réjouie de te voir comblée », l’individualisation : « j’ai peur de retourner chez ma mère », la reconnaissance : « je suis en colère car personne ne vient me voir ».
C'est ainsi que l'acceptation des projections émotionnelles et la liberté qui leur est donnée : « j'observe ma vie émotionnelle » conduisent à leur régulation et déterminent l’évolution, la reconstruction et la maturation des processus de la conscience.
















