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L’enfant poursuit son évolution par la prise de conscience du stade du miroir : « je suis moi » et par la différenciation de la personne de l’autre.
Progressivement, émerge l’attitude d’opposition systématique de la contre-dépendance car l’enfant veut exister par lui-même, il s’oppose au désir de l'autre pour investir le sien (individualisation).
La contre-dépendance est une phase d'affirmation de soi et de recherche du désir personnel, cette étape d’évolution est marquée par l’égoïsme et l’agressivité.
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La révolution de la contre-dépendance est une rébellion positive de rejet ou de remise en cause des croyances et valeurs parentales, elle est la plus ardue de toutes les phases d’autonomisation par son caractère émotionnel.
La non-reconnaissance de cette contestation de maturation par des attitudes parentales autoritaires et des injonctions de soumission à la volonté (au désir) hiérarchique conduit l’enfant à régresser au stade de dépendance.
L’opposition ou l’isolement psychoaffectif conjoncturel doivent ainsi être perçus en tant qu’affirmations du refus naturel (volonté) de l’enfant en réaction spontanée aux stimuli à caractère obligatoire (injonctions).
La reconnaissance et la compréhension de ses oppositions sont déterminantes, au même titre que la disponibilité émotionnelle (empathie) parentale à son désir afin de lui permettre de progresser vers le stade d'indépendance (la satisfaction d’une envie relève de sa justification ainsi que de la responsabilité et de la volonté du parent).
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L’affirmation du désir propre est une affirmation de soi qui établit l’estime de soi, l’évolution se prolonge par l’exploration de l’indépendance et de ses possibilités.
Ayant questionné les limites d’autrui dans les stades de dépendance et de contre dépendance, l’enfant examine les siennes.
En refusant l'aide, perçue comme asservissante, il quitte les liens de secours pour exister seul.
L’indépendance est une phase narcissique par laquelle l’enfant explore et développe sa personnalité, l’environnement existant uniquement pour la satisfaction de ses besoins.
Par la découverte de l’expérience du rôle, il confirme ses capacités et renforce l’estime de soi afin de devenir et d’exister en tant qu’individu autonome.
Ainsi, le sentiment de liberté créé de l’indépendance et de l’approbation de l’entourage l’assure et l’engage à exister en tant que lui-même avec le sentiment de confiance en soi.
Ainsi, devenu capable de se reconnaître en tant que soi dans le regard de l’autre, il s'exprime en affirmant ses besoins et son désir particulier.
La phase d’indépendance aboutit à l'interdépendance qui représente la liberté de partager les dépendances (entraide communautaire), l’enfant devenu adolescent puis adulte mature et autonome rencontre alors ses parents en tant que personne individualisée (être singulier).
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De durées relatives, toutes les phases se recouvrent, étant harmonisées en fonction de la tolérance et du discernement (compréhension) des référents affectifs.
L’individu en évolution forge ses stratégies d’adaptation et se construit sur les figures d’identification (parents), les expériences vécues (connaissances) et les représentations d’idées (croyances et savoirs) lui servant d’étayage identitaire.
Des attitudes parentales inconscientes peuvent renvoyer l’enfant à un stade antérieur (involution).
Ainsi, des mécanismes éducatifs d’influence ou de défense affective qui ne reconnaissent pas les étapes naturelles visent la frustration du besoin (démenti de soi), le déplacement affectif (dénégation émotionnelle) ou la dévalorisation (objection à l’estime de soi) par des affirmations d’accusation : « tu es méchant », de menace : « tu ne réussiras pas dans la vie en te comportant ainsi », de chantage affectif ou de punition : « tu seras isolé dans ta chambre jusqu’à ce que tu acceptes le règlement ».
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Ces conduites convoquent le recours spontané à la croyance pour justifier la récusation injustifiable de l’ipséité et l’entrave affective irrémédiable au processus d’autonomisation (évolution).
De la dépendance à l’interdépendance, chaque phase d’évolution propose ainsi au nourrisson, à l’enfant, à l’adolescent et à l’adulte des éléments de croyance (incapacité, puissance, faiblesse, possession, servitude, assouvissement, liberté, frustration, idéalisation, solitude, échec).
Lorsque son discernement est troublé, l’être humain peut suivre un parcours d’idées d’évidences et de vérités illusoires, ses croyances le conduisent alors progressivement à la posture régressive de la dépendance aux idées et de l’asservissement aux convictions (voir « L’île aux fleurs », 1989, court métrage de Jorge Furtado).
Lorsque l’individu se croit véritablement indépendant en se pensant comme le régisseur à l’origine de toutes ses pensées, il est dans l’illusion d’une croyance car sa conscience n’a accès qu’à la surface des choses, « l’être humain fait ce qu’il est capable de faire, il est ce qu’il est capable d’être et, comme il n’a pas conscience de ce qu’il ignore, il croit savoir ».
















