papillon

Le discernement forge les opinions, s’il est approximatif ou gauchi par une illusion, la conscience (raisonnement) ne peut appréhender la réalité d’un objet.

Une réflexion biaisée par une croyance provoque l’attente crédule d’un effet improbable qui prélude à l’adoration des règlements et des dogmes formant le principe des religions et des dictatures : « pour détruire tout discernement et soumettre l’individu à l’autorité il faut orienter sa pensée par la croyance (conditionnement) par son désir d’avoir et sa peur de perdre ».

La croyance réduit ainsi les velléités d’autonomie : « tu seras toujours soumis à quelqu’un ! » et de liberté : « la liberté n’est pas libre ».

Les croyances sont des éléments déresponsabilisants induisant la soumission et la dépendance affective à un piège mental (mensonge), à une vision (fantasme) ou à un rêve (désir) produisant un mirage de vie dont la vocation est de préserver de l’angoisse : « la croyance sauve du néant existentiel ».

La conscience qui ne discerne pas l’erreur de son jugement dérive jusqu’à glorifier (idéaliser) le sacrifice de la vie pour preuve d’amour (héroïsme, abnégation, vénération, fanatisme, idolâtrie), à se détacher du naturel (industrie, transhumanisme) et du vivant (massacres) en détruisant son propre habitat (Terre) et à avoir une vision faussée de l’être libre (colonisation) et de son rôle existentiel sensible (partage, bienveillance).

La croyance doit intervenir uniquement dans l’inconnu et l’hypothétique, elle ne doit pas être avancée comme vérité.

Asseoir une croyance est très simple en soi puisqu’il suffit dans une relation de confiance (joie), d’intérêt (désir) ou d’autorité (peur) de démontrer et de prouver sa propre conviction (promesse) plutôt que l’improbable réalité de son illusion.

Faire croire à une idée relève de la manipulation (influence), la volonté de convaincre interprète alors les faits et les oriente dans le sens de son intention en s’appuyant sur la quantité de croyants pour la renforcer et l’installer.

Le monde humain est donc un monde de croyances qui repose essentiellement sur des conventions, ainsi la croyance de la logique mathématique affirmant que  1 + 1 = 2  peut être vraie ou fausse selon le temps qui la détermine.

L’individu est donc submergé de croyances affirmant être les bonnes vérités. Contredites et confrontées les unes aux autres, les idées sont présentées et certifiées justes : « tout le monde le croit » alors que leurs fondements peuvent être radicalement faux.

Le préjugé règne et l’information est aveugle : « la crise liée à la propagation des couleuvres a obligé le ministère de l’agriculture intensive à décréter l’état d’urgence sanitaire, la loi promulguée pendant le sommeil du cultivateur, l’oblige ainsi à limiter sa production à des salades pour le bien des gens ».

Mille et une idées nous renvoient à notre ignorance des choses.

« Quelle est ma plus grande ignorance ? Quelle liberté acquiert mon existence lorsque ma conscience croit en des objets situés en dehors de ma réalité ? ».

Lorsque l’être humain réfute certains de ses besoins fondamentaux (altérité, congruence, bienveillance, empathie, conscience de soi, créativité, sens existentiel), il fait l’impasse sur l’essentiel (amour) de sa propre réalité existentielle et compense par le rêve et l’illusion d’exister ailleurs qu’en lui-même par la consommation, la possession, le statut et la représentation (image) de soi.

Ainsi, le comique se moque de la croyance d’autrui, faisant rire le croyant sans l’engager à réaliser l’illusion de la sienne, il renforce ainsi la croyance de celui qui rit.

S’il croit en des choses inutiles ou susceptibles de le détruire alors, pour quelle raison croit-il, au risque de provoquer par lui-même ses propres craintes, abandons, échecs, souffrances, ruminations et déviances ?

Ainsi, l’être humain attaché à des idées fausses est un visionnaire égaré ou un prophète rêveur explorant des voies chimériques, progressant en aveugle dans sa vie en revendiquant un libre-arbitre qui n'est autre que la liberté illusoire d'obéir aux déterminations et conditionnements passés (obligations, interdits).

Le recours à l’imaginaire et à la croyance relève simplement des insuffisances structurelles et des désirs inassouvis.

Les illusions bercent le rêve irréalisé, les croyances entretiennent les obligations obsédantes alors, « pour accéder à davantage de liberté, pourquoi ne pas simplement réaliser le rêve impatient et pourquoi ne pas désobéir aux idées ? ».

Ignorer l’influence (domination) d’une croyance représente un élément de dénégation (même les experts de la réalité sont sujets aux croyances).

Une idée fausse est un mensonge, lorsqu’il en porte l’intention, l’individu porte la responsabilité de ses effets, il doit réaliser qu’elle n’est autre qu’une croyance.

La volonté d’exister (être) manifeste le besoin de se comprendre par la connaissance de soi (l’idée représentative, vraie et complète de soi-même dans son environnement réel) permettant d’accéder à la conscience de soi dans l’instant présent.

La connaissance de soi se réalise par la communication accordée (congruence) de soi avec soi-même et se produit dans la lumière de la sensation instantanée d’être uni à soi.

La découverte de sa nature profonde agit pour la réduction du recours à la croyance.

La volonté de se libérer d’une croyance permet de ne plus être réduit à la posture régressive de l’enfant crédule et dépendant, existant dans l’attente d’un symbole imaginaire.

Le détachement des illusions amorce ainsi l’individualité par la réconciliation de la pensée avec sa propre expression en dehors des idées toutes faites pour favoriser une réelle expression de l’affirmation de soi.

Seule l’expérience concrète des perceptions sensorielles manifeste la réalité en permettant à la conscience de symboliser la forme du réel subjectif dans une représentation juste, immédiate, rationnelle et logique accordée à l’individu (congruente).

L’étroitesse d’une idée peut alors être distinguée du champ étendu de la conscience.

« Nous savons que la gallinacée préhistorique était issue du croisement du rhinocéros et du pingouin. Elle pondait jusqu’à mille œufs par jour (à cette époque une journée durait dix ans). Cette poule extrêmement intelligente élevait ses petits au lait de dinosaure car elle croyait que le calcium dinosaurien renforçait les ox (les récentes découvertes archéologiques confirment que les ox étaient bien plus durs et résistants que les os modernes). Comme l’illustration montre l’absence de pattes arrières, les historiens affirment qu’elle les a perdues dans une bataille ardue avec un animus préhistoricus car elle se battait sans cesse pour la préservation de ses territoires : « elle voyait grand malgré qu’elle restât toujours immobile », dixit M. Poulailler, industriel éleveur de volailles. Le Président de la République a déclaré que la poule moderne prendra exemple sur son ancêtre. La recherche génétique étudie, d’ores et déjà la possibilité de faire renaître cette poularde disparue afin de remplacer les poules actuelles devenues improductives par excès de drogues antivirales ».

poule préhistorique

Faire fonctionner sa conscience autrement que par la croyance ou le fantasme relève de l’apprentissage, de l’expérience existentielle et de la congruence.

Le désir de savoir par le pseudo-savoir d’une croyance pose la question de l’illusion du savoir par crédulité.

L’individu qui veut exister librement par lui-même affronte son désir impulsif de combler son ignorance par des bavardages : « je ne connaîtrai jamais cet animal disparu, je ne peux que supposer son existence, sans certitude, je ne peux construire une réflexion sur la croyance d’un effet de son existence préhistorique sur la mienne ».

Il faut remarquer la cruelle absence de la croyance suivante : « l’évolution de l’Humanité ne se trouve pas dans l’idolâtrie des machines et de l’intelligence des patriarches qui œuvrent à la destruction de la planète et à l’accumulation des richesses par le pillage de la nature et l’aliénation de l’être humain. Le progrès se situe dans l’ouverture des consciences engageant le profond respect de l’environnement, la reconnaissance des différences et des besoins de chacun et la liberté de choisir sa propre vie dans la lumière d’une connaissance de soi libérée des conditionnements ».

S’il veut évoluer, l’individu conduit sa pensée pour l’amener à la fluidité du lâcher prise.

Étant donné que la dépendance à la croyance entrave la liberté de sa pensée, l’objectif existentiel de sa conscience est de se détacher de ses automatismes comportementaux résultant des conditionnements et des pensées sans aucune réflexion ni justification.

L’être réalise alors son indépendance en considérant ses idées par le raisonnement pour les inscrire dans la logique du savoir et de la connaissance, il existe ainsi en agissant par sa propre expérience du monde et de lui-même.

Le savoir et l’expérience dirigent alors la conscience pour remodeler ou créer des pensées réellement adaptées et accordées en évitant les influences, manipulations, soumissions, perplexités et ruminations anxieuses liées à l’affluence et à la concentration des idées extérieures (les médias d'information diffusent les idées fausses).

Concevoir des idées fidèles (congruentes) à sa propre réalité existentielle restaure l’estime de soi (le sentiment de confiance en soi apparaît avec la conscience de soi lorsqu’elle se réalise) et la conscience de sa responsabilité dans ses interactions avec autrui évite d’imaginer (croire) être sa victime.

L’être n'a donc plus aucune raison de construire les strates de peurs et de désirs à l’origine de ses croyances.

« Celui qui accorde ses pensées à la réalité interne et immédiate de son être fondamental (l’essence émotionnelle de soi est absolue) s’accepte entièrement et se sent relié (ancré) à son présent et à son passé (pleine conscience) ».

Interpréter et comprendre ses pensées pour se projeter sereinement dans l’avenir repose sur la confiance en soi raisonnée par le doute de ses perceptions et la prudence de ses pensées face à des représentations impropres : « une croyance est efficace uniquement lorsqu’elle émane d’une réalité possible, elle est adaptée à l’individu seulement lorsque le sens qu’elle sert nourrit la liberté de sa conscience et le discernement de ses perceptions dans le présent ».

L’exploration des erreurs de l’existence produites des croyances favorise la prise de conscience et l’acceptation des fautes de la pensée : « je me suis fourvoyée car je croyais qu’il m’aimait profondément ».

L’existence est une recherche de soi dénuée d’intention par son principe, « réussir-rater » et « gagner-perdre » sont de vains objectifs.

Être en soi, accordé et connecté à ses émotions résulte du savoir et de la connaissance, « entre l’illusion de croire en moi et ma connaissance authentique, où va ma préférence ? je retiens que la seule chose à savoir est de bien me connaître par l’expérimentation de mes possibles et l’isolement de mes croyances (sur moi-même, autrui, le monde) par un raisonnement déductif ».

Le discernement et la prise de conscience de la causalité (loi de cause à effet) peuvent percevoir et comprendre la croyance comme un phénomène dont l’origine peut être identifiée de manière rationnelle et objective afin d’en éviter les effets.

réalité ► sensation ► émotion ► perception ► représentation ► discernement ► représentation
concrète
illusion
  vraie   vraie   vraie
fausse
  croyance
savoir
connaissance
  juste
erroné
  ajustée

La faculté de penser ressort d’une aptitude et de la volonté.

Ne pas penser, c’est être endormi, drogué, malade ou lobotomisé, la pensée relève donc d’une totale liberté.

C’est ainsi que, devant la réalité, la conscience pense continuellement le réel pour le définir en tant qu'incontestable ou illusion.

Les sensations convoquent les émotions, lorsqu'elles émergent, la conscience congruente les perçoit pleinement et reconnaît les ressentis, les perceptions son alors reliées par le discernement aux représentations du passé qui évalue leur concordance (adaptation, harmonie) au caractère et aux besoins.

Une autre représentation de la réalité (différente, ajustée, corrigée) peut alors être créée par le questionnement de l’introspection : « où se situe (dirige) réellement ma conscience ? »

« Les représentations qui sont des images de références identificatoires (S2.3), des repères spirituels (S1.4) et des empreintes identitaires (S1.2) construisent l'individu mais forment en même temps ses chaînes et ses stigmates.

Par conséquent, l'être en évolution quitte le sacré de ses convictions et de ses croyances.

Ce faisant, il se débarrasse de ses conditionnements et de ses illusions pour créer une nouvelle compréhension de son existence.

Son individuation lui permet alors le discernement de ses propres significations symboliques (raison d'être) et lui donne la faculté des changements et des choix dénués de culpabilité ».

Voici tous les articles du Carnet « S2 • Croyances » :

Au fil des mots :

  • « Même les plus sages racontent 10% de « n'importe quoi ». »

    Anja

  • « Toute l'intelligence du monde est impuissante contre une idiotie à la mode. »

    Anonyme

  • « Quel que soit le changement que vous désirez, le chemin est devant vous. »

    Jean-Yves