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L’identification est un processus inconscient fondamental à l’origine de la structuration de la personnalité.
Le processus d’identification est précoce et préalable à la conscience de moi (je suis moi).
Toute identification utilise le mouvement d’incorporation d’une représentation d’objet par le mécanisme d’introjection (déplacement symbolique d’un individu à l’intérieur de soi) : « je suis toi car tu es à l’intérieur de moi ».
Ainsi, le mimétisme du nourrisson est un jeu d’imitation et d’introjection de l’autre.
Nous avons vu que la distinction du monde environnant n’est pas réalisée par la conscience dans la première phase de son évolution (indifférenciation), le nourrisson existe uniquement par ses ressentis émotionnels dans le prolongement des affects maternels avec lesquels il se confond par leur introjection (intériorisation), l’expérience de ses sensations dans la relation fusionnelle lui donne alors l’impression « d’être » le monde qui l’entoure.
Ses perceptions sont olfactives, gustatives, auditives et tactiles (la vue agit ultérieurement), ses premières images de représentation sont uniquement corporelles et internes : « la relation au monde est d’abord une relation à soi ».
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L’identification étant l’assimilation du monde extérieur, l’enfant développe le domaine mental de son monde intérieur par la création d’une imagerie de référence à partir de ses images sensorielles.
En intériorisant son environnement sans distinction, la réalité prend forme par sa symbolisation, s’inscrivant dans la part inconsciente de sa mémoire instinctive, de survie et de création.
L’imitation spontanée et inconsciente des émotions, attitudes, gestes et expressions verbales des figures parentales dans son propre appareil mental l’introduit dans le rapport au monde de l’autre, différent.
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Les formes représentatives (comportements, communications, liens relationnels et affectifs) de son cadre existentiel alimentent son monde intérieur en nourrissant son registre symbolique.
Les jeux d’introjection de l’enfant répondent alors à son besoin de représentation et d’évolution par la transformation de son état émotionnel.
Il créé ainsi sa personnalité, puis son identité lorsqu’il imite et incorpore les objets de la réalité extérieure, l’identification à l’autre est donc un procédé instinctif de construction d’une représentation de soi.
Par conséquent, la constitution de l’individu est déterminée par sa capacité à s’identifier, c’est ainsi que se comporter comme le modèle par son imitation permet de devenir (vouloir être) le modèle et d'imaginer, croire et rêver être la même représentation (posséder les mêmes aptitudes).
Dans la mesure où la réponse de l’image extérieure est réelle, ses attributs et ses traits de qualité sont perçus par le besoin d’identification de l’enfant qui s’en imprègne par l’introjection pour construire, transformer et consolider l’essentiel de sa propre représentation (image de soi).
Il a été montré que la nature relationnelle, la forme affective et la proximité sensorielle avec le support identificatoire sont décisives pour donner lieu à l’introjection.
Les parents décrits comme affectueux, attentifs et bienveillants sont les meilleurs objets d'identification dans un mouvement orienté par le besoin d’appartenance (loyauté) et d’attachement (amour).
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Lorsque la relation avec l’objet extérieur est vécue par l’enfant comme valorisante, celui-ci questionne l’image de représentation et évalue la satisfaction que produirait un changement affectif par son identification : « quelle sensation me procurerait l’introjection de telle aptitude ou de tel attribut, qu’entraînerait cette modification au sein de mon organisation ? ».
L'identification au parent dépend également du caractère gratifiant de celui-ci, accordé à la gratification de tout l’espace familial.
L’identification permet alors la symbolisation du lien de confiance et constitue le socle de la personnalité et de l’estime de soi.
La possibilité de l'identification est essentielle car elle fonde également la compréhension émotionnelle (empathie).
C’est par l’introjection de l’autre en soi : « l’autre c’est moi » que l’émotion de l’autre : « il pleure » est comprise par l’expérience de l’émotion en soi : « je suis l’autre, je suis triste », la réflexion consciente de soi sur l’autre : « il pleure en moi » et le discernement de son ipséité : « il est l’autre en moi » forment alors la projection de l’émotion : « il pleure en lui, il est triste, je comprends son émotion ».
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Une identification à une personne contestée (désaccordée) de l’espace familial (statut clivé) compromet la pérennité de l’identification.
Par ailleurs, la relation affective avec une image parentale autoritaire, exclusive, dominante, rigide, exigeante ou distante s’accompagne d’un sentiment d’insécurité ressenti subjectivement sur le mode agressif en provoquant la frustration du mouvement naturel et spontané de l’identification.
L'identification est défensive lorsque l’environnement est subjectivement inapte à satisfaire le besoin identificatoire instinctif, cas de la distance élevée ou de la résistance affective entre l’enfant et son modèle (rejet affectif, enfant non désiré, défaut de bienveillance, relation fusionnelle).
Pour réduire la distance psychique, le mouvement introjectif est orienté et conduit par l’envie (désir, jalousie, colère, ambition) sur le mode agressif.
L’enfant en demande identificatoire dépasse l’état de difficulté et d'insatisfaction par un désir contraint et contradictoire de s’identifier à la position du parent absolu.
En introjectant l’autorité le tenant en soumission, l’identification au caractère de domination sert l’enfant pour asservir la nature parentale tyrannique dans un conflit inconscient de rivalité (les interventions et interactions modératrices de l’environnement peuvent diminuer la voracité émotionnelle du conflit).
















