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Les difficultés de l’existence concernent essentiellement la difficulté à partager ou à dévoiler les émotions.

Une émotion est normalement dirigée vers l’extérieur (affirmation de soi) mais l’individu peut se protéger d’une décharge émotionnelle, considérée par lui comme envahissante ou destructrice (la timidité est une obstruction à l’affirmation de soi par la peur de la représentation de l’autre ou d’une représentation de soi).

Les situations dans lesquelles la communication des perceptions sensorielles est entravée, ignorée ou fictive manifestent une difficulté existentielle engendrée par l’incapacité de leur projection, l’expression émotionnelle du vécu est alors retenue dans le corps.

L’impossibilité de son extériorisation la convertit en somatisations, rationalisations, banalisations, la déplace en actes incohérents ou la symbolise en sentiments (culpabilité, insécurité, haine).

La victime et son bourreau (agresseur) peuvent être tous deux reclus et étouffés par une émotion intériorisée.

Ce processus morbide dépouille la conscience de sa richesse émotionnelle et la frustre du sentiment d’exister entièrement par la subjectivité de l’autre en réponse à son affirmation.

Le retrait relationnel se rapporte au blocage ou à la condamnation de l’expression sincère des ressentis authentiques.

L’impossibilité d’exprimer ses perceptions et de partager ses ressentis est l’une des conséquences de croyances (estime, action, intention), d’interdits (punition, accusation, jugement, réprimande), de représentations ou d’injonctions sociales (devoir, autorisation, ordre).

Défaire les nœuds pour rétablir la capacité de se projeter dans le monde se trouve dans le dénouement du jeu de rôle qui consiste à déplacer le point de vue (décentrer la perception d’une situation) pour déplacer la représentation de soi dans un rôle différent et ainsi assurer la transformation des émotions (sensations produites de l’interaction avec l’environnement) en sentiments (leurs représentations élaborées) puis, par l’inversion de la procédure de symbolisation (partir du sentiment pour former l’émotion).

Utiliser l’instrument du changement de rôle par le déplacement de soi dans un rôle à l’implication émotionnelle moindre atténue la responsabilité de l’image de soi et permet une projection de soi à travers une représentation de soi et une mise en jeu de soi transportées ou médiatisées (jeux de personnages, marionnettes, mime, clown, écriture).

Ce n’est alors plus une représentation de soi exacte et figée mais sa personnalité déchargée d’une responsabilité effrayante et délivrée de la charge d’un statut émotionnellement impliqué.

L’effet attendu est la transformation des émotions projetées en sentiments verbalisés pour libérer de l’indifférence affective (masque).

Être pour soi-même le miroir de soi par l’observation de soi dans le jeu de son rôle constitue la méthode d’une reconfiguration évidente en ciblant les formes mentales :

intention ◄► perception ◄► action ◄► projection ◄► représentation ◄► symbolisation

Il est un cas particulier où la projection peut manifester un mécanisme de défense par la confusion des espaces de soi et de ceux d’autrui (interne – externe).

L’indifférenciation de ces espaces permet à l’enfant l’expulsion d’une peur à l’intérieur d’un objet symbolique aisément contrôlable (animal, jouet, personnage), en éloignant l’objet symbolique de peur, l’émotion insoutenable est éclipsée.

Utilisée sans critique et conçue par une idée niant une réalité objective, la projection peut révéler un processus identificatoire (le discernement de ce processus inconscient n’est pas évident), dévoilant le trouble d’un jugement ou l’évaluation fausse d’une situation, la propriété d’un sentiment personnel est nettement déniée et attribuée à autrui : « je n’ai jamais dit que tu es petit (réfutation), c’est toi-même qui l’as dit ! (projection)».

Ailleurs, le sentiment de jalousie, typique d’une identification conséquente d’une comparaison (concurrence) par la projection de soi sur autrui, est invariablement destructeur de l’individualité et du sentiment d’ipséité.

La sincérité des perceptions, la congruence et la reconnaissance de la responsabilité de ses pensées préservent d’une identification par projection.

En dépassant les mécanismes de défense, l’individu évite les conversions somatiques et les virages émotionnels en sentiments de culpabilité, d’angoisse ou d’impuissance.

L’individu s’autorise à lâcher prise sur les événements lorsqu’il renonce à l’idée de posséder la chose en devenant l’observateur neutre de ses pensées en confrontant avec bienveillance, clémence et gratitude la justesse de ses intentions et de ses actions.

L’attitude de réceptivité sensible, la posture d’émerveillement et la disposition à la fascination devant la spontanéité de la vie font apparaître un rééquilibrage énergétique (émotionnel) immédiatement conséquent favorisant la projection de ses expressions émotionnelles.

Questionner les projections dévoile la personnalité pour former une représentation de soi claire et congruente en préservant des ruminations anxieuses.

Voici tous les articles du Carnet « S4 • Représentation » :

Au fil des mots :

  • « Le temps porte conseil : en général celui de ne rien faire. »

    Claude Roy

  • « C'est le coq qui chante, mais c'est la poule qui pond les œufs. »

    Margaret Thatcher

  • « La pensée active est un acte de volonté, la pensée passive une occurrence. »

    Dibblee George Binney