papillon

Si la conscience est capable de regarder (percevoir) son ombre, elle triomphe des faux-semblants : « observer chaque part de ce que je suis, sans attitude de refus, ne cherchant pas à moraliser ou à me justifier, je suis alors prêt à accepter la part discrète de moi, même si l’assimilation de l’ombre engendre la peur devant qui je suis réellement ».

Accepter l’ombre est possible par la prise de conscience et la reconnaissance de sa responsabilité : « j’ai pris ce poste au ministère de l’intérieur pour assouvir mon désir de contrôle et de domination » afin d’amener une réflexion sur les états déportés, séparés et reclus à l’arrière-plan de la personnalité par leur projection verbale progressive, l’ombre peut alors être entendue hors de son abri préconscient.

La projection (extériorisation) de l’ombre est un dépouillement nécessaire et volontaire de la conscience.

Les affects inacceptables de l’histoire personnelle, portés par leur projection (verbalisation), établissent des correspondances et des liens de causalité.

Ainsi, le lâcher prise par la dépossession des attachements passés et le discernement des registres affectifs (sentiments) impliqués permet d’identifier des formes subjectives (représentations) pour étendre leur exploration et réduire leur influence.

Toutes les situations donnent un sens à la relation comme modalité d’action à l’autre et à soi par l’analyse de ses signifiants.

Appeler la mémoire favorise les résurgences pour identifier les processus automatisés d’actions : « je suis agressif (projection) lorsque je m’imagine (croyance) considéré comme un bon à rien (représentation de soi) ».

Extraire et observer l’univers des représentations symboliques conscientes : « je me sens inutile » engage une réflexion vers des axes résolutifs à partir des éléments recueillis : « si j’observe (introjection) mon agressivité (stratégie d’adaptation) je vois qu’elle renforce l’image (représentation) de moi-même que je rejette (cible du désir) ».

Ceci permet alors une connaissance approfondie du fonctionnement psychique : « je me punis (culpabilité) ainsi car je me sens coupable (jugement) d’avoir été inutile (responsabilité) à mon père (identification) qui n’a pas réussi (frustration) à guérir de son divorce (conflit) » pour déposer le germe d’une réflexion : « quelles sont les situations dans lesquelles je ressens la peur ou la tristesse de ne pas être mieux considéré et qui me renvoient directement aux situations passées qui m’ont construit ? ».

La projection est un mouvement psychique qui consiste à jeter en avant et à transposer des éléments de son espace intérieur sur un objet ou une personne (l’extériorisation des émotions est une projection instantanée).

Les objets jetés au dehors ne sont plus retenus en soi : « je te hais » prend ainsi toute son ampleur par sa communication verbale.

Le mécanisme projectif décrit l’histoire de la personnalité et devient, au travers de la verbalisation, un outil de connaissance des circonstances du vécu.

Étant donné que la conscience d’un autre propose un discernement et une compréhension capables de saisir des résonances perceptuelles, conceptuelles et émotionnelles inconcevables à la personnalité qui les exprime, la transposition des éléments de l’ombre dans le monde extérieur donne alors la possibilité du détachement afin de les regarder en tant que spectateur, transformés par l’écho de la subjectivité de l’autre.

Il s’agit ensuite de se réapproprier sa propre projection, c’est-à-dire à introjecter et à réaffirmer la révélation de son contenu dans sa conscience qui se voit modifiée par une connaissance renouvelée du moi : « je laisse l’espace de ma conscience ouvert et réceptif à l’introjection des éléments de mon histoire de vie que j’ai projeté préalablement ».

Voici tous les articles du Carnet « S6 • Ombre » :

Au fil des mots :

  • « On peut toujours plus que ce que l'on croit pouvoir. »

    Joseph Kessel

  • « Si haut qu'on monte, on finit toujours par des cendres. »

    Henri Rochefort

  • « La gratitude est le secret de la vie. L'essentiel est de remercier pour tout. Celui qui a appris cela sait ce que vivre signifie. Il a pénétré le profond mystère de la vie. »

    Albert Schweitzer